Appel pour un forum populaire, en alternative au Forum euro-méditerranéen de l'eau, dominé par les entreprises et les institutions officielles
22 mars 2026
Le Forum Italiano dei Movimenti per l’Acqua (FIMA – Forum italien des mouvements pour l’eau), en collaboration avec le Mouvement européen pour l’eau et le People's Water Forum, appelle à la mobilisation fin septembre 2026, quinze ans après la trahison du référendum italien.
Contexte :
En 2011, les Italiens, conscients du danger que représentait la privatisation des ressources en eau, ont clairement exprimé leur volonté de vivre et de se développer dans une société où les ressources naturelles et les biens communs seraient mis au service des citoyens, en dehors de la logique des marchés financiers et de la marchandisation.
Dès le lendemain de la victoire au référendum, les forces du marché ont immédiatement lancé, tant au sein qu’en dehors des institutions politiques, leur campagne d’obstruction afin de faire dérailler une décision historique qui aurait ruiné le grand capital dans l’immédiat et qui, au contraire, aurait répondu à des demandes et des besoins précis, en limitant et en inversant la trajectoire vers le projet néolibéral que les classes dominantes imposaient au processus de mondialisation.
Malheureusement, les forces politiques qui s'étaient engagées à respecter le résultat du référendum n'ont pas agi en conséquence, de sorte que, dans les années qui ont suivi, le modèle de privatisation, libéré de tout frein politique, a contribué à aggraver les problèmes liés à ce bien écosystémique précieux, tandis que l'intensification des logiques de rentabilité a compromis plusieurs processus sociaux positifs et aggravé les problèmes liés à la question de l'eau.
Aujourd'hui :
Le fait de ne pas avoir suivi la voie tracée par le référendum en faveur d'un gouvernement public et participatif, axé avant tout sur le bien-être et la santé de tous, a entraîné une aggravation de tous les problèmes existants.
Tout cela n'a pas seulement eu des répercussions sur le plan éthique, politique et ontologique, mais a également entraîné une réelle dégradation de la quantité et de la qualité de l'eau potable et des masses d’eau naturelles.
La pénurie d'eau a également été provoquée par les changements climatiques (face auxquels aucune volonté d'agir ne s’est manifestée), par l'abaissement des limitations quantitatives et qualitatives concernant toutes sortes de polluants (tels que les PFAS), par des dividendes privés gonflés au détriment de l'entretien et de la remise en état des réseaux de distribution d'eau délabrés, par l'augmentation de la pression anthropique sur les masses d'eau naturelles et les écosystèmes associés, ainsi que par leur surexploitation, notamment due à de nouvelles technologies telles que les centres de données et l'intelligence artificielle.
Les premiers conflits opposant des populations entières pour le peu d'eau qui reste se profilent déjà, comme en Sicile, en Calabre et en Basilicate.
C'est dans ce contexte que se tiendra à Rome, du 29 septembre au 2 octobre, le premier Forum euro-méditerranéen de l'eau, réunissant les riches, les puissants et les institutions inféodées aux grandes entreprises.
Cette rencontre euro-méditerranéenne étend, pour la première fois officiellement, sa vision néocoloniale à l’Afrique également, où la question de l’eau semble en quelque sorte être intégrée ou associée à l’insolvabilité (Plan Mattei), aux Balkans et au Moyen-Orient (dans cette région, sans la moindre remise en question du scénario de violation des droits de l’homme, où, entre autres, même l’accès à l’eau est utilisé comme une arme dans toute la région, en particulier depuis l’extension de la guerre).
Une exposition d'une superficie de 7 000 mètres carrés sera organisée en marge de la conférence, afin de promouvoir des solutions techniques et économiques plus adaptées à la financiarisation de l'eau en tant que bien écosystémique, dans le but de la livrer aux aléas des cours boursiers et à la gestion de fonds d'investissement, tels que BlackRock, bien implantés dans de nombreux secteurs économiques et solidement protégés par les pouvoirs en place qui, sans surprise, soutiennent cet événement prévu en septembre.
Enfin, la réunion de Rome a reçu son «aval» à Bali en 2024, dans le cadre du Forum mondial de l'eau organisé par le Conseil mondial de l'eau (WWC), qui représente principalement les entreprises, alors même que les mouvements sociaux de défense de l'eau, venus faire entendre leur voix, ont été bloqués par des forces paramilitaires et confinés dans leur hôtel pendant toute la durée de la réunion.
C'est pourquoi, face à un événement aussi scandaleux et opaque, nous appelons les défenseurs de l'eau à se mobiliser et proposons d'organiser une rencontre alternative et solidaire réunissant les mouvements, la société civile, les organisations scientifiques et universitaires dotées d'une conscience civique, ainsi que le monde des arts.
Ayons pour objectif de renouer avec la voie tracée lors de la campagne référendaire de 2011 et de relancer la construction et l'organisation de nos alternatives face au paradigme néolibéral actuel, au scénario belliciste ressuscité et imposé, c'est-à-dire des alternatives capables de s'attaquer aux problèmes liés à la pollution après 15 ans d'inaction, aux changements climatiques et à la multiplication apparente des phénomènes hydrologiques extrêmes.
Comme lors des années de référendum, nous avons l'intention de construire une alliance pour l'eau aussi large que possible, afin de donner la parole aux mouvements et aux initiatives qui luttent contre la marchandisation et la privatisation de l'eau, bien écosystémique, et cela en partant des territoires.
Réalisons tout cela en donnant la parole et en faisant émerger de véritables propositions alternatives afin de faire face aux problèmes causés par la sécheresse, les inondations et les catastrophes environnementales, ou provoqués par les industries extractives et polluantes, ainsi qu’aux conséquences d’un changement climatique qui touche l’Italie, la région méditerranéenne et au-delà, et que beaucoup font semblant d’ignorer.
DÉMASQUONS-LES !






